30/01/2009

CHAPITRE 2

Le nouveau blog de Andry Hialy se trouve ici.

15/02/2008

Le radeau quitte l'exil pour un autre

A celles et ceux qui ont échoué sur ce rivage-ci du Web,
 
Ce n'est pas faute d'y avoir pensé, mais il arrive parfois que l'on a rien à se mettre sous la dent. C'est particulièrement vrai quand les morceaux sont tous tellement gros que pour une bonne hygiène buccale et dentaire, il vaut mieux ne pas tenter l'impossible. La sagesse recommande de n'avaler que ce qui est comestible, avec une dimension et une dureté acceptables.

Dans ce blog, il s'agissait (tiens, je parle déjà à l'imparfait !) surtout de partager des goûts de ce qu'on a pu avaler de bon comme de mauvais. Il ne peut nullement s'agir de cracher son venin.

Autant de raisons qui expliquent mon abandon de poste sur CE front, dans mon actualité du moment faite de vagabondage professionnel assez curieux.

Les guerres ne manquent pas. Avec moi ou en face de moi, nous ne manquerons certainement pas de nous croiser sur d'autres fronts.

Ne m'en voulez pas si vous ne trouverez pas dans ce billet une analyse post-mortem de ce qu'il a fallu faire ou ce que j'aurais mieux fait de na pas faire à propos de ce blog. Je vous laisse le soin de l'autopsier, à vous, curieux inscouciants comme vautours et charognards aux yeux désorbités et pleins de sang.
 
" Pour tous les bons moments, merci ! ", formule empruntée des amants, chacun en quête de nouvelles aventures.
 
Andry Hialy 

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23/09/2007

Super impôt

Lu sur Internet ce soir : "Benoît XVI a appelé dimanche au partage des richesses, mettant en garde contre "l'égoisme aveugle" dans lequel l'argent peut enfermer. Le pape a souligné que la logique du profit, quand elle l'emporte sur celle de la solidarité, accroît le fossé entre riches et pauvres et l'exploitation de la planète."
Très bien ! Alors à quand un impôt sur les grosses fortunes à Madagascar ? Même les marxistes du MFM et des autres mouvements qui se disaient prolétariens des années 70 n'ont pas osé en rêver. Il est peut-être grand temps d'en instituer un. Ca pourrait faire une grosse cagnotte pour l'Etat, avec toutes ces grandes villas qui fleurissent un peu partout, les SUV (voitures 4 x 4) et les grosses berlines qui pullulent en toute indifférence au milieu de la misère ambiante dans laquelle baigne la majorité du peuple. Comme la pression fiscale n'arrive pas à comptabiliser ce que doivent les délinquants fiscaux, un impôt sur les grosses fortunes devraient faire l'affaire. Cela attaquerait directement sur ce qui est visible et ne s'encombrerait pas des mic-mac comptables dans lesquels les entreprises, avec la complicité bienveillante des commissaires aux comptes et autres cabinets, exercent tout leur talent pour la quête du profit maximal.
C'est quand même curieux que c'est dans les pays développés que l'on retrouve ce genre d'impôt. Les pays pauvres, pardon! les dirigeants des pays pauvres n'en veulent pas. Ils entrent dans les gouvernements, et plus globalement, dans les institutions de l'Etat pour s'enrichir. Il leur serait tout de même illogique de couper la branche sur laquelle ils sont assis.
Mais que cela n'empêche pas le débat de s'ouvrir...

12/09/2007

Assez, pas assez!

1423bee744d2517c1e87505380bd1722.jpgUne station télé passe ce soir Scarface de Brian de Palma (1984). C'est un film dont on se délecte les citations et le fond. Le slogan phare du film est "The World is Yours". Antonio Montana, joué par Al Pacino au sommet de son art, donne l'image universelle de l'homme qui sait ce qu'il y a de meilleur, et surtout, ce qu'il faut et comment faire pour l'avoir. Seulement, l'éternel problème est de savoir comment y rester et ne pas sombrer dans l'abîme... "When you got the money, you got the power. And when you got the power, you got all women you want."

Pour James Bond, l'espion britannique au service de la Reine d'Angleterre, The Word is not Enough. Le Monde ne suffit pas. "C'est une devise familiale", réplique-t-il à sa maîtresse.742eded3be30eb604e3d458a3c4fdcb9.jpg

Forcément, entre les deux, on hésite...

15/08/2007

Un géant modeste

"L'Inde ne peut pas être un pays avec des îlots de forte croissance perdus au milieu de vastes zones où le développement reste inconnu, où seuls quelques-uns jouissent de la croissance", a martelé le Premier ministre indien Manmohan Singh devant des milliers de dignitaires et d'écoliers vêtus d'orange, de blanc et de vert, les trois couleurs du drapeau indien. C'était à l'occasion des 60 ans de l'indépendance de l'ancienne "perle de la Couronne britannique". Pas seulement l'Inde mais tous les autres pays émergents ou en développement comme Madagascar.

 

12/08/2007

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

En réaction au discours du chef de l'Etat français à Dakar le 26 juillet, plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour lui répondre.

Monsieur le Président,

Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.

Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.

Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.

Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?

Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.

Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?

Sincèrement et franchement à vous.

Antananarivo, le 3 août 2007

Raharimanana et les écrivains

Boubacar Boris Diop (Sénégal),

Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),

Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),

Kangni Alem (université de Lomé),

et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

Un bon dimanche

Au bahut. Jeux des îles, dimanche 1er août 2007, jour 4. Après un dîner copieux et un bon sommeil, quoi de mieux qu'un beau soleil pour se réveiller en douceur et tout en forme. Le dimanche va être long.
De l'autre côté en contrebas de la maison, le Village des Jeux d'Alarobia (l'autre étant à Ampefiloha, à quatre kilomètres de là) semble ne pas vouloir se réveiller. Quelques athlètes traversent la rue pour prendre le petit déjeuner au restaurant situé juste en bas. De là où l'on est, on se rend compte que le Lycée technique qui sert de Village des Jeux n'est vraiment pas approprié pour pour recevoir autant d'athlètes. Quatre petits bâtiments dans lesquels ces soldats des temps modernes sont obligés de s'entasser par dizaine ou deux dizaines dans une chambrée (une salle de classe en fait). Normal que certaines délégations aient préféré loger à l'hôtel malgré ce que cela coûte. Heureusement que la bouffe servie au restaurant est excellente et que les athlètes ne passent pas trop de temps à faire la queue pour prendre leurs repas.

American Dream. A Antaninarenina, sur la Place de l'Indépendance, c'est le calme plat. Juste à côté de la stèle de l'Indépendance, sur un poteau, trône une affiche des Jeux. Dessus, il y a la classique faute de français avec le "7èmes" dans "7ème Jeux" sans "S". Sur la photo, il y a un coureur de haie, l'Américain Colin Jackson. Il a été préféré au Malgache champion d'Afrique, Berlioz Andriamihaja pour figurer sur ces posters grand format. Le natif d'Antsiranana paie certainement là sa franchise pour avoir "donner un zéro sur 20" à l'ancien ministre des Sports René Ndalana lors de l'édition des Jeux, à Maurice, en 2003. Mais de là à mettre une photo d'un athlète américain qui ne saurait même pas situer Madagascar sur une mapmonde... Le poster ne dit pas si l'agent de cet athlète est au courant de l'utilisation de l'image de son poulain ou non. Faut venir à Madagascar pour voir cela!

Affaire à suivre. A Mahamasina, les queues serpentent devant le Stade municipal. A l'affiche cet après-midi, les Barea de Madagascar contre le Club R de La Réunion. Le résultat? Un match nul! Cela faisait longtemps que le public attendait un résultat éclatant de la part de l'équipe nationale de foot. La discipline sert de référence et suffit à faire de l'ombre aux victoires comme aux défaites dans les autres disciplines. C'est aussi la discipline la plus instrumentalisée par les politiciens de tous les bords. Affaire à suivre...

Souriez, vous êtes filmés! A l'intérieur, les caméramen de la Télévision nationale bichonnent leurs appareils. On espère de meilleures images que ce que ces fonctionnaires de l'audiovisuel ont livré lors de la cérémonie d'ouverture. Flous, travelling bête, mauvais cadrages et commentaires plats voire vulgaires...

Science à part. Devant le gymnase couvert, toujours à Mahamasina, les voix s'élèvent. Le Comité d'organisation des Jeux, le Coji, paie là ses erreurs en billeterie. C'est une science à part qu'ils ont manifestement sous-estimée! Des gens, tickets en main, sont refoulés à l'entrée au motif que le gymnase est déjà plein. Les militaires font quand même entrer quelques-uns non sans les menacer avec leurs bâtons. L'émeute est évitée mais pas le mécontentement des retardataires.

Avant la lettre. Cet après-midi au gymnase, le choc a eu lieu en volley entre les Malgaches et les Seychellois. Le match a l'allure d'une finale et la pression est à son comble de part et d'autre des deux équipes. Les Malgaches remportent finalement le match par 3 sets à 1. Le premier set a été gagné par les Seychellois. Il y a eu quelques frayeurs avec les remontées spectaculaires des Seychellois, qui réussissent de belles combinaisons assez souvent.

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08/08/2007

Toi-même!

755cf55f4a57af227f7ee47b82792922.jpgLa réponse est : "NON". Non, le ridicule ne tue pas. Pour les plus sceptiques, le Comité d'organisation des 7èmes Jeux des îles de l'océan Indien (Coji) leur apporte la preuve avec la touche qui a toujours été la sienne.
C'est quoi un J-O, à un jour d'un événement majeur? Petit retour en classe de 6ème. Un nombre X moins zéro, donne bien X, non? Donc J-0 = J, comme jour J; sauf que nous n'y sommes pas encore car les Jeux sont censés s'ouvrir demain 9 août. Nous sommes donc à J-1! A moins que je me trompe et c'est moi qui suis ridicule...
Sur le site web officiel du Coji, on peut toutefois lire "J-0 Mercredi 8 août 2007" juste en dessous du "Jeux des îles...Madagascar du 9 au 19 août 2007".
Je ne sais pas pour les autres mais c'est la première fois que j'entends parler d'un J moins zéro. Zéro toi-même!

18:20 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (5)

Antisportifs

Demain, jeudi 9 août, s'ouvriront les 7èmes Jeux des îles de l'océan Indien (JIOI). Pour la seconde fois, Madagascar abritera une édition de ces Jeux qui réunissent les îles de l'océan Indien: La Réunion, Maurice, les Comores, Mayotte, les Seychelles et les Maldives; la première a été lors de la troisième édition en 1990. Les Jeux dureront dix jours, du 9 au 19 août 2007.

Spectacle de désolation


Comme dans toutes les réalisations à Madagascar, tout se fait dans la précipitation aux dernières minutes. Les couches de peinture fraîche rivalisent avec les derniers coups de marteaux. Les infrastructures construites ou renovées pour l'occasion partagent les mêmes maux avec les athlètes malgaches, les éternels dindons de la farce. Pas assez bien préparés, mal testés et promis pour ne pas durer.
L'autre jour, j'ai été à la nouvelles piscine olympique d'Ampefiloha. C'est un spectacle de désolation qui se substitue à une joie légitime de voir la capitale être dotée finalement d'un tel bassin après des années et des années d'attente. A la place de l'ancien bassin de 25 mètres, un autre de 50 mètres a été construit sans pour autant offrir au moins les mêmes qualités que le précédent, construit vers la fin des années 60. Les carreaux sont mal ajustés autant sur les plages que dans le bassin; l'eau mal entretenue entâche les rebords du bassin et jaunisse les carreaux; les rampes d'accès et les facilités pour les personnes handicapées ne sont pas visibles. Pour un nouvel ouvrage d'art, censé être inscrit dans la modernité du monde, ce dernier point noircit un peu plus le tableau du Comité d'organisation des Jeux des îles (Coji) qui a fait montre d'un amateurisme flagrant depuis sa création.

Attentat

Rien que lundi, les athlètes malgaches qui logeaient à l'Académie nationale des Sports (ANS) à Ampefiloha même ont été sortis de leurs dortoirs pour être entassés toute la journée au gymnase situé tout près. Sous le prétexte que des entretiens devaient être effectués dans le bâtiment qui accueillera les délégations malgaches et étrangères, nos représentants ont été forcés de glander toute la journée comme des sinistrés d'un cataclysme naturel dans le gymnase. La journée a été perdue à quémander au Coji un endroit pour se reposer. Donc, ça a été une journée sans entraînement... à deux jours de l'ouverture officielle. Bonjour les dégâts! Un tel acte relève tout simplement de l'attentat contre le moral et le physique des athlètes.
Ce dernier fait d'arme du Coji révèle un peu plus son peu de considération du monde sportif et des sportifs en général. Avec une organisation qui n'a qu'une connaissance riquiqui des grandes compétitions internationales de cette envergure, on ne s'attend pas beaucoup au meilleur. Le pire est plus proche du réel, du vécu.
Tenez, ce site web officiel du Coji que j'ai eu le loisir de qualifier de "naphtaline numérique" dans un de mes éditos. Sans être un as du développement informatique et avec des outils d'édition de site web qui pullulent sur Internet, l'étudiant de classe de seconde lambda arriverait à en faire un de meilleur, de plus présentable et susceptible de fournir tous les résultats des compétitions sans que le visiteur ne se perde inutilement.
Et ces affiches, ces enseignes et ces imprimés des Jeux qui fleurissent un peu partout avec cette faute de français qui donnerait la chair de poule à un prof de français. Au lieu de "7èmes" - avec un S - le Coji a tout simplement écrit 7ème Jeux - sans S, s'agissant pourtant des Jeux et non d'un Jeu. Les fautes de français, tout le monde en fait et je suis même sûr que ce blog en regorge ;). Seulement, quand on est une organisation frappée du sceau officiel, on n'offre pas au monde une telle image de désordre. Pour un pays (ou plutôt un président?) qui a fait du français une langue officielle au même rang que le malgache, c'est horrible!

Instrumentalisé

Dans tout ce brouhaha, le pouvoir politique en place veut tirer son épingle du jeu et tirer à son avantage tous les bénéfices de l'événement. L'autre jour, le Premier ministre a appelé à la trêve politique et a demandé à toutes les tendances, d'opposition notamment, à faire taire ses arguties durant ces dix jours au moins. Vil politicien, Charles Rabemanajara ne manque pourtant pas une occasion depuis d'inscrire tout ce qui brille autour de ces Jeux sur le compte du pouvoir et de son gouvernement. Le mouvement sportif se fait une fois de plus culbuter par l'appareil politique qui l'instrumentalise à loisir. Quand tout va, c'est nous. Quand rien ne va, c'est les autres! Le pays ambitionne de terminer premier de ces Jeux et si le miracle se produit, le pouvoir ne manquera pas d'exploiter le filon à un mois des élections législatives. Si la logique se vérifie et que le pays ne termine pas premier, le pouvoir va tout rejeter sur les fédérations et le Coji pour éviter que l'opposition en panne d'idées ne retrouve un second souffle.




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07/08/2007

Citation du jour!

Le quoitidien français Libération titre aujourd'hui : " Le pétard mouillé des scientifiques " en rapportant: " Alors que le nombre de consommateurs ne cesse d’augmenter, de nouvelles études montrent que fumer des joints n’est pas toujours anodin pour la santé. " La réaction de Phil, un lecteur : "Attention vivre nuit gravement à la santé, la preuve, on en meurt tous. "

Pire que des dictateurs

Dans son édition de ce mois d'août, le Monde Diplomatique a sorti un article sur la manipulation des médias par des "hommes fortunés habitués à plier la vérité au gré de leurs intérêts". Noam Chomsky, le journaliste du Monde diplomatique, a qualifié ces laveurs de cerveaux en liberté de gens encore plus efficaces (pire?) que les dictateurs. A qui de droit!

03/08/2007

Souvenir, souvenir!


Madagascar: Carnage du 10 Aout 1991
Vidéo envoyée par ijefra
Extrait de l'emission "Resistances" de France 2 en 1992.

01/08/2007

Gang de fachos!

« Tout pour l'État, tout par l'État, rien hors de l'État ». Non, la citation n'est pas de Marc Ravalomanana bien qu'il l'aurait certainement volontiers empruntée. Elle est de Benito Mussolini, celui que l'Italie et le monde n'auraient jamais voulu voir le jour.

En lisant ces quelques passages issus de Wikipedia sur le fascisme, on a vite fait de faire le parallèle avec Madagascar d'aujourd'hui.

"Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale : le groupe doit être mené par un chef... dont l'autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout contre-pouvoir, le fascisme est un système qui se veut totalitaire. Il s'est appuyé sur des groupes de choc..."

Dernière trouvaille du pouvoir et de son "groupe de choc" à la mairie de la ville : chasser tous les "4'Mi"(*) hors de la capitale, Antananarivo, dans l'optique de la tenue des Jeux des îles de l'océan Indien (9-19 août) dans la ville. Il ne fait apparemment pas bon goût par les temps qui courent d'être pauvres, mal fagotés et désoeuvrés. Mieux vaut ne pas être un Quatre'Mi dans les murs d'Antananarivo, ce que beaucoup ne peuvent pas s'en défaire du jour au lendemain bien que Ravalomanana leur a promis la lune. Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent!

Ce ne sera pas la rafle du Vel d'Hiv mais Dieu que ça lui ressemblera. Il faut ôter au plus vite à la vue des touristes attendus à l'occasion de ce rendez-vous sportif dans l'océan Indien toutes les stygmates de tant d'années d'échec dans la conduite d'un pays. Les moins de 15 ans, les mères ou les femmes enceintes et les vieillards seront transportés manu militari de la rue au commissariat. Un exil forcé vers le goulag du côté de Tsiroanomandidy (centre ouest) leur sera "proposé" par la suite! Pour les autres, ce sera l'isolement dans une cellule pour 24 heures. Et après? Auschwitz-Birkenau???

On jette sur les Quatre'Mi toutes les causes des malheurs d'Antananarivo. "Le banditisme et la déliquence, c'est eux! ", entend-on très facilement affirmer de la part des responsables communaux. Personne ne prend la peine de dire que c'est l'insécurité, la pauvreté dans les campagnes, les spoliations foncières, la malnutrition, l'isolement et tant d'autres abus de ce genre qui poussent les gens à quitter leurs terres pour les lumières de la ville. On fera l'impasse sur la réalité qui indique que c'est l'étalage et l'ostentation de l'opulence sous les yeux ébahis de la majorité appauvrie et paupérisée qui motivent les plus viles intentions. Quand les fruits de la croissance que l'on ne cesse de vanter dans les communiqués de presse ne sont pas partagés, celui qui n'a rien à se mettre sous la dent doit bien réfléchir à une manière ou une autre de les cueillir, non? Quoiqu'il en soit, ce ne sont pas les Quatre'Mi qui sont les auteurs des braquages et des casses sanglants que l'on lit souvent dans les rubriques des faits divers. Le vol à la tire ou à l'étalage, c'est mal mais ça ne tue personne! Par contre, quand on veut être une bête de la politique et que l'on a besoin de fric, on braque et on se sert partout. Du tiroir du bijoutier karana (indo-pakistanais) jusque dans les caisses de l'État. On envoie des menus fretins faire le sale boulot, avec une préférence pour les anciens sportifs de haut niveau que le système - que l'on dit huilé - n'a pas réussi à intégrer dans la course au pouvoir!

Toute cette mascarade facho ne se soucie même pas un poil de la liberté de circulation des biens et des personnes garantie par la Constitution. On se demande alors ce que fait l'ONG Akamasoa du Père Pedro dans cette aventure liberticide et totalitaire? L'ONG est-elle induite en erreur dans ce mouvement qui glace le sang? Cela sera-t-il inscrit dans le rapport annuel de l'ONG remis à ses donateurs dont un certain Prince de Monaco? Et toutes les autres ONG et associations qui font profil bas devant cette lame de fond, que diront leurs membres et donateurs lors des assemblées générales? Faut choisir son camp: celui de la "lutte contre la pauvreté" ou celui de la "lutte contre les pauvres", mais dans tous les cas il faut se prononcer car le temps presse.
 
(*): Quatre'Mi comme les 4 millions de Malgaches vivant dans une misère totale. C'était au milieu des années 80... mais maintenant, c'est 17'Mi moins quelques-uns? 

20/07/2007

Deux retours et un mort

1. Plus qu'un homme, un médecin. Après une pause de quatre ans, le "Manala azy vita bacc" d'Olombelo Ricky revient. Ce sera jeudi prochain en début de soirée à Antsahamanitra. Manala azy vita bacc, c'est se défouler, s'en extirper après les épreuves du bacc. Quoi donc? Bah, le stress, le blues et tout ce que l'on a pu accumuler d'"énergie négative" dans le langage ésotérique d'Olombelo Ricky dont on ne sait plus s'il est plus musicien, philosophe ou thérapeute.
Bani du théâtre de verdure d'Antsahamanitra pour de multiples raisons dont seul ses détracteurs au niveau de la mairie de la Capitale ont le secret, Ricky revient donc et son retour coïncide avec la sortie de son nouvel album "Odiaina" (médicament du secret de la vie, traduction libre très personnelle, superficielle et donc incomplète).
Au fil des ans, le concert Manala azy vita bacc à Antsahamanitra est devenu une institution. C'est le rendez-vous couru de tous les futurs bacheliers d'Antananarivo depuis 1992. Imité depuis, par des créateurs d'événement aussi filous qu'éphémères, le "Manala azy" selon Ricky n'a jamais eu d'égal en ambiance musicale, en communion et en délire collectives.
L'originalité et l'innovation font partie des atouts majeurs de l'Olombelo (l'homme) dont les textes et la musique cachent, sous leur légèreté, une large dimension de sincérité et de liberté mutuellement partagées entre "Mpanala azy", soit ceux qui assistent au Manala azy.
Comme on aimerait repasser son bacc et regoûter à cette soirée...

2. Grand Maître.
"Regarega", c'est le titre d'une de ses chansons et aussi le seul mot qui identifie le Grand Maître Tianjama auprès du public. Longtemps supposé s'être terré dans son Mandritsara natal dans la région de la Sofia (centre Nord-Ouest), le roi du sanadera revient dans la Capitale pour une soirée cabaret (mince!, je ne me souviens plus de la date!).
Le mot "regarega" - bien malgache - est redevenu d'usage dans le langage courant pour désigner une chose sans queue ni tête, qui avance vaille que vaille ou une smala entassée dans un espace exigu.
Je préfère personnellement traduire par "méthode kung fu" ;) .

3. Le crooner venu de l'Ouest.
Clo Mahajanga s'est éteint ce matin à l'hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona des suites d'une AVC. Jean Clotaire Razafiarimanana, de son vrai non, a su imposer son style auprès du public par ses slows chantés en dialecte occidental (de l'île, bien évidemment).
Des titres comme "Fialonana" ou "Lasa i Voahangy" (en mémoire à son épouse décédée) ont en leur temps figurés dans tous les cahiers de chants des jeunes filles.
Sa chanson "Décidé zaho" (je suis décidé) a été repris par Didier Ratsiraka lors de l'élection présidentielle de 1996-1997 qui allait marquer le retour de celui-ci au pouvoir.
Son autre titre "Tora-bato miverina" qui raconte les plaintes d'une mère à sa jeune fille qui veut se marier sans en avoir l'âge a été repris récemment par Voahangy pour se propulser dans tous les hits parades locaux.
L'homme est aussi connu pour avoir subi une déconvenue assez particulière. Un jour, alors qu'il partait pour Mahajanga - sa ville natale - après un fameux concert à Antananarivo, la voiture dans laquelle il se trouvait s'était fait arrêter par des coupeurs de route en plein Tamponketsa - un quasi-désert d'herbes et de cailloux. L'artiste s'était fait dépouillé de ses affaires, de son argent et de... ses gros bracelets et chevalière en or qu'il ne manquait pas de montrer dans chacun de ses clips.
Il a donc rejoint Voahangy, sa première épouse celle-là, vers l'Ouest; expression malgache pour signifier le parallèle entre le soleil couchant et une personne qui vient de décéder. Mais s'agissant d'un artiste, je ne sais pas si l'expression n'est pas un peu déplacée...

18/07/2007

Les pantins de la honte


Madagascar : La Crise de 2002 (ARTE)
Vidéo envoyée par ijefra
Cinq ans avant les désillusions et les tromperies...

Une semaine normale

1. C'était couru d'avance. Les habitants d'un fokontany (village ou quartier selon les configurations) de la banlieue sud d'Antananarivo sont en colère depuis que le chef de district, qui a rang de préfet/sous-préfet, a nommé un candidat arrivé troisième lors de l'élection du chef du fokontany pour présider le fokontany en question. Non pas premier, ni même second mais bon troisième. Ce sont les conséquences de l'un de ces vices démocratiques dont le pouvoir actuel, comme ses prédécesseurs d'ailleurs, a le secret.
Selon les textes promulgués par le pouvoir, chaque fokontany organise une élection pour choisir leur chef. Les noms des trois premiers candidats sont ensuite envoyés au chef de district qui a tout loisir pour nommer la personne de son choix à partir de la liste. Selon quels critères? Certainement pas objectifs d'après les premières expériences menées par ces mauvais sorciers.
Quand cette personne choisie est le candidat arrivé premier, tout paraît normal. Mais quand son dévoulu porte sur le bon dernier, bonjour les dégâts. La démocratie tourne tout simplement à la farce.
Dans un fokontany situé dans la partie orientale de l'île, un candidat qui a recueilli moins de 50 voix a été élu président du fokontany au dépend du premier qui, lui, a obtenu plus de 1 000 voix. La faute de ce dernier? Ne pas être membre du parti au pouvoir, le Tim (Tiako i Madagasikara).
Oui, nous vivons sous les tropiques à l'ombre des bananiers...

2. Ils bouffent nos sous. 880 millions d'ariary (325 000 euros) seront consacrés à des programmes de lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles au sein des Forces armées malgaches. Avec un taux de prévalence à la syphilis de 16% (sur un échantillon de 1 500 individus), nos soldats ont été qualifiés de "personnes vulnérables" et de "personnes à risque"! Ha! Ha! Ha! Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre? Ils ne se contentent plus de ne rien faire à part bouffer les budgets qui auraient été mieux utilisés s'ils étaient affectés pour payer les soldes des instituteurs et des médecins à Perpète-les-Schnouilles. A l'occasion, ils s'inventent spécialistes de la lutte antiacridienne ou de la pyrotechnie lors des feux d'artifice lancés la veille de la célébration de l'Indépendance. Très souvent, ils écument les bars pour règler leur compte entre eux ou celui de leurs compagnes, ou, pour faire la guéguerre aux gendarmes et aux policiers.
Ainsi, les millions de boîtes de préservatifs qui ont été promis n'auraient pas suffit par rapports aux ardeurs des bidasses. Qui a dit déjà qu'"il faudrait supprimer cette armée-là vu qu'un corps de gendarmerie et un autre de police suffisent largement pour ce pays" ?

3. Aurait mieux fait de se taire.
Lors d'une tournée dans la partie Nord de l'île en début de semaine, Marc Ravalomanana a accusé - une nouvelle fois - les médias de ne pas avoir compris ses propos, qui ont porté cette fois-ci sur ses différends avec le FMI. Quelques jours auparavant, lors d'une rencontre entre lui et une cinquantaine de sénateurs, tout le monde comme ces parlementaires désormais témoins ont bien entendu à la radio comme à la télé le président menacer de rompre les relations du pays (ou les siennes ?) avec le FMI si ce dernier n'approuve pas l'amnistie fiscale qu'il voudrait accorder aux bandits fiscaux du pays.
Que celui ou celle, dans la salle ou ailleurs, n'a pas entendu ses propos lève le doigt! Personne? C'est bien ce que je me disais. Tu vois, tu l'as dit mec! (je m'amuse beaucoup en entendant dans les films américains: "tout ce que vous diriez pourrait être retenu contre vous...")
On veut bien croire que le FMI n'est pas tout blanc dans une bonne part de ses décisions, mais de là à vouloir rompre ses relations avec et à menacer de "trouver d'autres sources de financement", il y a un pas que le bon sens obligerait à ne pas franchir.
L'autre jour, Marc Ravalomanana a demandé aux journalistes d'agir en professionnel. Il ferait mieux de dire la même chose à ses conseilliers en communication qui lui soufflent ses phrases, mais aussi et surtout... à lui-même.

11/07/2007

Silence, on mapise!

Silence, on mapise!

On peut faire le choix d'être un inculte notoire mais on peut aussi faire l'économie d'une perte de temps en ne lisant que les ouvrages qu'on estime essentiels pour avoir une compréhension du monde ou pour se divertir et se détacher de la réalité tout simplement.
Ce qui fait qu'on ne peut nullement être taxé de réactionnaire ("mpanoharina" dans le langage révolutionnaire de l'ère socialiste de Ratsiraka) en s'abstenant de lire le contenu du Map, le nouveau et déjà vieux chouchou brandi par Ravalomanana.
Il y a vingt ans, les épreuves du certificat d'études primaires - le CEPE - comportaient des questions en référence au contenu du "Livre rouge" de Ratsiraka. C'était à qui pouvait réciter le plus grand nombre de citations du leader suprême de la Révolution!
Au temps où la Chine faisait sa Révolution culturelle en jetant sur les réac les échecs du Grand bond en avant dicté par le Livre rouge, le vrai, Madagascar s'apprêtait à allonger la liste des pays qui se tromperont de voie dans la quête du Paradis socialiste.
Comme l'Histoire aime à se répéter, voilà que le pouvoir actuel réinvente sa - "Vision", lire utopie dans le dialectique communiste, son - "3P", Partenariat public privé (emprunté à Tony Blair et à sa Troisième voix du New Labour et non une invention de Ravalomanana comme certains caciques de mauvaise foi le laissent entendre), lire coopérative avec ce que cela suppose de favoritisme comme du temps du "Tous égaux!", - ses slogans à quarte sous qui font fureur dans les campagnes et chez les illettrés, et enfin son - "Map", lire Livre rouge.
On y reprend les mêmes choses que le Livre rouge et la Charte de la révolution socialiste malgache. Les graphiques, les photos numériques, les anglicismes et le papier glacé font place aux longs textes étirés sur du papier pellure d'un autre âge.
Pour diffuser la pensée du leader, quoi de mieux que les personnes nommées au gouvernement et leurs suites de copains auxquels on ajoute les fonctionnaires plus soucieux de leurs retraites que de la neutralité exigée par leur profession.
Ca "map"ise de tous les côtés, jusque dans les discours et dans la rédaction des rapports des organismes internationaux présents au pays. A ce rythme, il y a de fortes probabilités pour que l'on sert aux convives du "canapé mapé avec du yaourt du chef" dans un de ces nombreux cocktails, sur le nombre desquels se rivalisent les départements ministériels et les organismes rattachés. En attendant, le peuple meurt de faim. Et il y a un map qui lui est tout à fait indiqué. "Celui du maquis et du kalach.." comme qui dirait l'autre!

J'ai été à Mangaiky, à une vingtaine de kilomètres au nord de Faradofay (Fort-Dauphin ou Taolagnaro ou Tolaganro, bref à l'extrême sud-est de l'île) peu avant la fête de l'Indépendance (26 juin). Il s'y tenait une manifestation organisée dans le cadre d'un projet de sensibilisation sur les "meileures communes", dont personne du coin ne semble avoir connaissance des critères utilisés. Il y a eu un concert dans le stade de foot bien aménagé mais qui se trouve presque en pleine forêt. Hazolahy, le groupe natif du pays, s'y est produit avant de céder la place aux officiels et aux notables avec leurs incontournables discours. Dans les discours, justement, personne n'y a manqué de faire référence (allégeance?) au Map. Côté spectateurs, j'ai demandé à des jeunes, visiblement fans du catcheur américain John Ceena comme l'attestent leurs t-shirt, ce qu'ils pensent du Map. 1. Personne n'en a jamais entendu. 2. Personne ne sait évidemment pas ce qu'est le Map.
Comédie pour comédie, les jeunes préfèrent plutôt les inépties de la World Wrestling Federation aux lubies d'une administration mapisée. 

30/06/2007

Pionnier de la mort

M'sieurs dames, faites place, c'est une entrée par la grande porte! Oh que c'est super! Et bonus, ça se fait avec la bénédicition de l'Etat malgache et de l'organisme des Nations-Unies pour l'alimentation (FAO).

Avant-hier, la société Pioneer est venue vanter les mérites de ses produits en terre malgache. Non, ce n'est pas Pioneer avec les chaînes Hi-Fi ou les autoradios pour le prochain concours de tuning. Il s'agit du géant planétaire de la biotechnologie, spécialiste des "semences améliorées". En langage moins diplomatique et pour faire court, préférez "OGM" pour Organismes génétiquement modifiés.

Pioneer et une autre entreprise sud-africaine se sont amenées pour de la PLV auprès des représentants de l'Etat et de ceux qui se faisaient appelés paysans, visiblement impressionnés par la qualité des présentations PowerPoint, des flyers et des goodies au nom de ces firmes.

Au pays des aveugles les borgnes sont rois.  Si seulement tout ce beau monde savait que les produits vendus par des entreprises de ce genre ont causé des pertes abyssales auprès de nombreux paysans indiens, sud-américains et même africains. Si seulement quelqu'un pouvait leur crier dessus que plusieurs dizaines de milliers de paysans indiens se sont suicidés ces dernières années, croulant sous des tonnes de dettes pour avoir eu le malheur et la naïveté d'acheter des semences de la mort! Des semences qui sont impossible à multiplier comme un DVD avec du DRM dedans, des plantes qui exigent toujours plus de pesticide contrairement à ce qui a été promis. Et quand, certaines de ces semences parviennent à être multipliées, voilà que les "agents de recouvrement" de ces firmes au nom du respect de la propriété intellectuelle, et au nom des brevets qu'ils détiennent sur les "manipulations" exigent qu'on leur paie des royalties avant de donner l'autorisation de replanter ces OGM sur les propres terres des paysans.

Des pays largement en avance en matière de biosécurité ont leurs "principes de précaution" vis-à-vis de ces OGM. Madagascar a "un point focal pour la biosécurité", une pure invention d'intellos sans moyen et incapable d'influer dans la balance quand les intérêts d'entreprises importatrices - appartenant à qui vous savez par exemple - sont en jeu!

Pioneer a ouvert le bal et il faudrait penser aussi à inviter Monsanto pour compléter le tableau. Tant qu'on y est, pourquoi faire des jaloux? De toute façon, une armée de chercheurs malgaches à la Gilles-Eric Seralini ou de faucheurs à la José Bové, même si elle existait ne suffirait pas à convaincre des traîtres qui n'y voient que du bénéf!


29/06/2007

Plates

Plates comme plates excuses!!!

Hier soir, on est allés en famille rendre visite à un cousin qui va se marier. La tradition veut que l'on donne sa bénédicition à celui ou celle qui va convoler en juste noce. J'y ai retrouvé une autre cousine, qui a été dans la même classe que moi en primaire, mais que je n'ai pas revue depuis presque 10 ans maintenant. Et là, elle me lance: "Alors, 'Zagasy !?!"

Je me suis alors souvenu que j'avais un blog et que j'ai aussi un petit "lectorat" quoi que l'on dise (un homme qui se croit bien pensant l'a récemment qualifié de "blog de merde"). 4 200 lecteurs par mois d'un blog de merde!

 Je vous dois mes plates excuses et vous promets beaucoup plus de billets frais depuis le front!

 "Non n'essaie pas, fais ou ne le fais pas, mais il n'y a pas d'essai." (Yoda à Luke Skywalker dans La Guerre des Etoiles)

23:25 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (7)

04/05/2007

"Fermez tout, posez tout!"

"Fermez tout, posez tout, Zaka...!" Les anciennes et les anciens de l'Esca connaissent ce refrain qui leur renverrait certainement illico aux cours de musique de leur enfance, dispensés alors chaque semaine par Monsieur Razakamahefa. Malheureusement, je viens d'apprendre que ce monsieur est décédé aujourd'hui.

Razakamahefa Rajaonarivelo Jean de son vrai nom, il a enseigné bon nombre de générations d'Escatiennes et Escatiens. Les cours étaient les mêmes chaque année. Ainsi à la première séance, c'était l'immuable question : "Inona no antsoina hoe mozika?" (Qu'est-ce que la musique?) et sa réponse toute aussi constante : "Feo mahafinaritra ny sofina!" (Des sons qui enchantent les oreilles).

De la classe de 10ème (CE1) jusqu'en 3ème, la petite heure de cours de musique était toujours un bon prétexte pour s'écarter du droit chemin. Jets de "voanina monkonazy sy voamadilo" (pépins de jujube et de tamarin) sur les grosses caisses posées sur les hautes étagères de la salle de musique, acheminement de courriers incendiaires et bavardages en tout genre. On ne manquait pas toujours de se faire rappeler par la petite phrase du maître de musique: "Ianareo hoy aho dia hafa mihintsy amin'ny kilasy sasany. Ny teo alohanareo izao dia tena hendry mihintsy." (Vous m'étonnez vraiment. Les élèves de la classe précédente étaient bien plus calmes et sages que vous.) alors que tout le monde savait pertinemment que cette classe était aussi agitée, sinon plus, que la nôtre. Mais tout le monde aussi feignait de jouer un peu la note juste.

Je me souviens avoir fait partie de la Clique de l'Esca. A la cymbale! A chaque lundi, c'était notre tour de faire chanter l'hymne national aux quelques 2 500 élèves de l'école. C'était des moments de défoulements et je m'y mettais tout le temps à coeur joie, à faire claquer les cymbales, une dans chaque main.

S'il devait y avoir un regret, c'est juste de n'avoir été par la suite qu'un piètre musicien. Secrètement, je cultivais l'espoir de devenir un batteur de génie à la Jeff Porcaro. Heureusement qu'il y avait autre chose que la musique à l'Esca...

"Fermez tout, posez tout, Zaka...!"

P.S.:  J'aurais bien pu titrer pareillement pour signifier que je n'allais plus poster sur ce blog. J'ai eu quelques jours de décrochage, je l'avoue. Mais comme l'instant où j'ouvrirai un blog à mon nom semble s'être un peu éloigné ("trop de boulot!", l'excuse bidon toute trouvée), je me suis ravisé et donc, je poste un billet.

13/04/2007

Dépêche, toi, tu t'es trompé!

 

medium_Bemba.jpg

On trouve beaucoup d'humour sur Internet. Vraiment beaucoup! Dans les sérieux journaux francophones en ligne, les fautes d'orthographe se ramassent à la pelle, surtout dans les articles et dans les dépêches d'agence de presse. On en rit! Mais la dernière que j'ai déniché hier soir a hérissé mes poils. Cherchez l'erreur par vous-même:

F0171 - Thu Apr 12 18:54:52 2007
COTE IVOIRE JUSTICE BEMBA

COTE IVOIRE JUSTICE BEMBA

 

Jean-Pierre Bemba dans le viseur de la justice ivoirienne

KINSHASA (AP) -- Le procureur général de la République, Tshimanga Mukeba, a émis un réquisitoire pour obtenir l'autorisation de poursuivre l'ancien vice-président ivoirien Jean-Pierre Bemba, selon la lettre déposée au bureau du Sénat et dont l'AP a lu jeudi une copie...

Ainsi l'Associated Press affirme que Jean-Pierre Bemba est un Ivoirien et son pays la Côte d'Ivoire alors que c'est un Congolais et que son pays est le Congo RDC dont la capitale est Kinshasa. Je me dis qu'il ne faudrait pas croire tout ce qui se lit sur Internet.

22/03/2007

Antsirabe, PK. 168 et alentours

C’est toujours un plaisir de retrouver des photos que l’on a oubliées quelque part dans le disque dur. Voici donc quelques clichés de la ville d’Antsirabe pris en août 2006 à l’occasion d’un stage de formation avec la Fondation Friedrich Ebert (FSE). Ici.

19:17 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (2)

11/03/2007

Une ballade dans la serre aux orchidées de Nanisana

medium_Orchidees.jpgDes orchidées, beaucoup d’orchidées peuplent la serre de verre du Service de la quarantaine végétale de Nanisana. Des plus jeunes plantes aux plus âgées qui offrent au visiteur qui s’immisce dans cette bulle un spectacle d’une rare beauté. Entre visite touristique et classe verte.

C’est un de ces rares endroits de la ville d’Antananarivo qui font oublier en l’espace d’une visite les pollutions de la ville, les courses interminables des gens et des voitures. Le Service de la quarantaine végétale sis à Nanisana ressemble assez pourtant à d’autres bâtiments administratifs d’ici et d’ailleurs à l’allure terne et à l’architecture sans éclat, avec ses gazons presque jaunis.

Exception

C’est en contrebas qu’il faudrait rechercher l’exception avec la serre des orchidées, certainement la plus importante à Madagascar autant par le nombre des variétés qui y sont « élevées » que par sa taille. Elle est utilisée, en fait, par le Centre technique horticole d’Antananarivo (CTHA).
Rien qu’à l’entrée, les quelques pots de fleurs qui y traînent en colonne donnent une idée du reste. Dans ceux-ci, on distingue facilement des jeunes « anthuriums », des œillets de Chine appelés communément « piques » et bien sûr, des orchidées. En poussant le pas un peu plus à l’intérieur, les orchidées se font plus présentes que toutes les autres espèces. Certaines d’entre elles peinent à se distinguer de la motte de terre contenue dans les pots de yaourt, les unes sont à peine plus grandes et les autres ont déjà fière allure dans les grands pots d’argile cuite.
« Nous avons ici des orchidées qui viennent de sortir du laboratoire d’expérimentation in vitro et d’autres qui sont là depuis plus de deux ou trois ans », précise Velosoa Razafiniary, une spécialiste de la physiologie végétale et responsable de l’expérimentation.

Coup de pouce

medium_Orchidees3.jpg« Etant donné que les graines d’orchidées ne poussent pas en milieu naturel, certains professionnels, membres du groupement interprofessionnel des horticulteurs, viennent chez nous avec les leurs. Nous appliquons alors à celles-ci des procédés techniques pour en ressortir des jeunes plantes » continue-t-elle. Jean-Claude Andriamaharo, un privé et professionnel du métier depuis 25 ans affirme « y envoyer une vingtaine de graines de variétés différentes à des fins de germination, à toutes les périodes de l’année. » « Car, il faut savoir aussi qu’il n’y a pas de saison unique et qu’à chaque variété correspond une floraison (de graine, ndlr) différente », dit-il. Michelle Razanabenja, une autre professionnelle et propriétaire d’une petite unité « dont la vocation n’est pas de grandir » selon ses mots, avoue tout simplement « y envoyer les graines de variétés difficiles », « et sur lesquelles il m’est difficile techniquement de faire la bouture, le marcottage ou la séparation des bulbes » poursuit-elle.

Patience, patience

Du coup, la serre se remplit assez vite d’autant plus qu’avec les plantes tirées des graines des professionnels, il faut aussi compter « celles qui sont issues de graines qui sont produites, elles, à partir de ‘pieds mères’ de variétés endémiques de Madagascar ramenés sous autorisation par le ministère des Eaux et forêts », reprend Velosoa Razafiniary. Une manière de préciser qu’ici, l’on ne s’occupe guère des orchidées « exotiques » du type « cattlya », « cymbidium » ou « phalaenopsis », « ces orchidées étrangères à cycles de floraison courts et qui font la joie des nouvelles mariées comme bouquets et appréciées des Malgaches », selon elle. « Les étrangers, pourtant, ne s’intéressent qu’aux variétés malgaches qui mettent beaucoup de temps pour fleurir. C’est tout un paradoxe », déplore-t-elle.
medium_Orchidees2.jpg« Ces pieds mères sont des pieds d’orchidées ramenés depuis leur milieu naturel dans le but d’en extraire des graines, mais aussi dans celui de réintroduire les nouvelles plantes par la suite », confie-t-elle en reprenant son rôle de scientifique.
Entre les deux, il court un très long laps de temps. Car si la patience est une vertu, elle devient presque une religion dans « l’élevage » d’orchidées. « Dans l’idéal, nous ne retirons de la serre du CTHA les jeunes plantes d’orchidées qu’après deux ans au minimum » clame Jean-Claude Andriamaharo. « Oh, il n’y a pas d’intérêt immédiat, mais il faut dire que c’est l’avenir et c’est mon héritage que je lègue à mes enfants », philosophe sa collègue Michelle Razanabenja.
Tout cela fait l’affaire du visiteur de cette serre qui, avec un peu de chance, pourrait apprécier « des fleurs qui ne se révèlent, pour certaines variétés, qu’après six ou huit ans de soin et d’attente » selon Michelle Razanabenja.
« Nous sommes ouverts et disponibles pour tout le monde » dit Velosoa Razafiniary, qui entre deux expérimentations dans son labo se fait une joie de promener le visiteur dans cette serre de verre très particulière.

Andry Hialy

(Photos: Tiana Rakotomavo) 

22:45 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (4)

"More blogging is still blogging"

J'ai décidé de rouvrir mes archives et de poster sur le blog des interviews et des reportages que j'estime pouvant être intéressants à lire, à commenter et à partager.

Je les ai réalisés il y a quelques temps. Et vu que je n'en fais plus aussi souvent qu'avant, ça va me permettre de vous occuper et vous tenir quelques temps! ;) 

22:30 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (0)

01/03/2007

A la redécouverte de la planète "My Music"

Depuis quelque temps (quelques années?), je n'ai plus eu beaucoup de temps pour explorer ce qui se fait de nouveau dans le monde de la création musicale rock, blues... me contenant de ce que l'on me rapporte comme nouveautés (du genre néo-punk ou alternatif pour acnéiques...)

J'y ai mis un peu de temps ce soir pour regarder le classement du Billboard, la référence américaine en matière de classement de ventes de disques, et je suis tombé sur un certain John Mayer (en concert au Madison Square Garden de New York, hier soir, sur la photo).

medium_l2391947.jpg
Quelques bidouillages et téléchargements après et me revoilà parti en exploration.

Avec "Waiting On The World To Change", d'abord, et ensuite avec "Slow Dancing In A Burning Room" en version Live acoustique. Que de pures merveilles de la part de ce musicien (guitariste) qui en a à revendre. Plus authentique que James Blunt et plus énergique que Norah Jones.

Je songe sérieusement à explorer ses autres titres. Si seulement, l'"ADSL tropical" que l'on a ici, pouvait aller un peu plus vite au rythme de la pub qu'on en fait... je finirais bien par découvrir d'autres nouveautés qui n'entreraient pas en contradiction avec mes bons vieux rock.

Croqué au vif

Me voici donc croqué par notre caricaturiste maison, "Ramafa", piquée dans un dessin où l'on retrouve tous les journalistes du canard. Voici, en attendant que môssieur veuille bien ressortir de ses chemises la vraie caricature que je lui ai commandée voici un an...
Mais entre deux tempêtes pour incident diplomatique et pour délit de presse, il a toutes circonstances atténuantes de ma part.
Tout y est! Le bermuda au boulot, le t-shirt et le logo "No Smoking"!

medium_Caricature.2.jpg

27/02/2007

Mille, monsieur, mille!

Ca me donne particulièrement du baume au coeur de voir les chiffres qui indiquent que vous avez été plus de mille à avoir visité mon blog ce mois-ci. Je me fais mousser moi-même, je sais, je sais! Je n'en espérais pas tant. Mais bizarrement, maintenant, je voudrais qu'il y en ait plus. Bruce Springsteen (sur l'image) chantait dans "Badlands": "Poor men wanna be rich, rich men wanna be kings,And a king aint satisfied till he rules everything." Que tout le monde se rassure pourtant, je n'en suis pas près!

medium_springsteen.gif

Mais j'espère par-dessus tout un peu plus de commentaires de votre part sur les billets qui sont là. Ce serait une bonne continuation. Et s'il y a des reportages ou des enquêtes que vous aimeriez voir à partir de ce blog, toutes les propositions seront toujours les bienvenues. Sur ce point, justement, il m'arrive beaucoup trop fréquemment d'être en panne d'idée. Mais je suis rarement en panne d'enthousiasme pour aller en reportage sur des trucs qui pourraient brancher les lecteurs-bloggeurs.

Par ici, les propositions... 

20:15 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (2)

08/02/2007

Un nouvel album photo en ligne

Je viens de mettre en ligne quelques photos prises ici et là au cours de mes voyages ou de mes marches dans la ville! Vos commentaires seront les bienvenus pour savoir ce que ces photos vus inspirent. Ce serait bien si vous pouviez donner des titres de votre cru à chacune d'elles. Ici!

17:20 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (1)

05/02/2007

Red Metal ressuscite le death d’entre les hardos

medium_RedMetal.2.jpgAprès une année de disette sans concert de hard rock, Red Metal a rouvert l’espoir en donnant un concert samedi dernier. Les hardos en nombre encore plus fournis que lors de son dernier concert ont tenu à lui signifier qu’ils ne sont pas tous morts.

Si un rocker, un vrai, aime prendre des risques, Vony et sa bande de Red Metal sont d’authentiques rockers, en plus allumés. Dans un environnement artistique local qui a fini de noyer le hard rock dans le flot de rock bon chic bon genre, Red Metal a tenu le pari d’organiser un concert samedi dernier au Cercle franco-malgache d’Anosy, une année après celui organisé au Le Bus Antanimena.
Environ deux cents hardos lui ont répondu présents. Certains ont revêtu leur tenue de cérémonie avec le t-shirt en noir à l’effigie des groupes de hard rock internationaux, le jean serré et les bottes de cuir noires. Et comme il s’agissait surtout de se défouler, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les hurlements se soient fait entendre en réponse aux attaques de guitare de Deba, l’inclassable « chef cuisinier », et de Poun (Green). Bloo (Green) a servi à la basse et Hary (ex-Cherokee et Tineh) à la batterie.

Subversif

Les vociférations caverneuses de Vony ont emporté le reste de la salle qui s’est plu à faire revivre le death metal, un style en voie de disparition aux côtés du speed et du heavy metal. Les chansons qui font la gloire du groupe auprès des puristes y ont été jouées ( "Afobe", "Sodoma", "Mpivarotena"…), tout comme les huit titres de l’album « Red Metal » prévu sortir prochainement.
Parmi ceux-ci, « Ramalagasy » a été celui qui a le plus fait l’unanimité autant par son rythme que par son texte résolument rebelle et qui pourrait être considéré comme politiquement subversif, selon que l’on est dans un camp ou dans un autre. Les hardos se sont époumonés en reprenant son refrain, signe que le titre a fait tilt auprès de son public.

Générosité réciproque

Le public de Red Metal, lui, s’est visiblement rajeuni. Une frange de fans de la dernière heure a pris la place des trentenaires et des quadras qui ont préféré peupler l’arrière de la salle. Les plus enhardis ont pris d’assaut la scène pour faire virevolter leur longue crinière, sous les encouragements de Vony qui a chanté au bas de la scène avec ses fans, lesquels ont eu à peine dix ans quand « Life In The Ghetto » sortit sur les ondes la première fois. Du « dance metal » comme le qualifie lui-même le leader du groupe et chanté de bout en bout en duo avec un jeune fidèle du nom de « Bassiste ».
C’est aussi cela un concert de Red Metal, un moment de générosité réciproque que l’on ne retrouve que par parcimonie avec ceux qui pensent faire du rock mais qui ne font au mieux que du brouillon, au pire, que du commerce.
Le groupe invite les adeptes du hard rock à retraverser la "Valley of the Death" lors de son prochain concert. Ce sera au mois d’octobre prochain.

Andry Hialy

 

Journal Les Nouvelles du lundi 5 février 2007.

 

02/02/2007

Red Metal reprend sa couleur

Red Metal se ravive du feu sacré du hard rock et se reforme le temps d’une visite familiale au pays de son leader Vony. Le groupe s’attelle à la production du huitième album, en quinze ans d’existence, qui implique nécessairement un concert. Ce sera demain samedi 3 février prochain au Cercle franco-malgache d’Anosy.
 
Dans le studio flambant neuf de Vony à Andravoahangy, l’heure est aux derniers mixages des huit titres de l’album. Il y aura entre autres «Ratsito», un chef d’œuvre long play de dix minutes, qui évolue sur quatre rythmes successifs allant de l’acoustique au death metal, «Monina», du speed ou «Afrikana», du heavy pur jus.
 
Les répétitions, elles aussi, s’enchaînent pour ne pas décevoir les derniers survivants hardos de la ville qui auront tout le loisir de reprendre des textes acides où viennent se nicher des attaques contre les systèmes politiques totalitaires ou le refus de l’africanité.
 
Andry Hialy