05.02.2007
Red Metal ressuscite le death d’entre les hardos
Après une année de disette sans concert de hard rock, Red Metal a rouvert l’espoir en donnant un concert samedi dernier. Les hardos en nombre encore plus fournis que lors de son dernier concert ont tenu à lui signifier qu’ils ne sont pas tous morts.
Si un rocker, un vrai, aime prendre des risques, Vony et sa bande de Red Metal sont d’authentiques rockers, en plus allumés. Dans un environnement artistique local qui a fini de noyer le hard rock dans le flot de rock bon chic bon genre, Red Metal a tenu le pari d’organiser un concert samedi dernier au Cercle franco-malgache d’Anosy, une année après celui organisé au Le Bus Antanimena.
Environ deux cents hardos lui ont répondu présents. Certains ont revêtu leur tenue de cérémonie avec le t-shirt en noir à l’effigie des groupes de hard rock internationaux, le jean serré et les bottes de cuir noires. Et comme il s’agissait surtout de se défouler, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les hurlements se soient fait entendre en réponse aux attaques de guitare de Deba, l’inclassable « chef cuisinier », et de Poun (Green). Bloo (Green) a servi à la basse et Hary (ex-Cherokee et Tineh) à la batterie.
Subversif
Les vociférations caverneuses de Vony ont emporté le reste de la salle qui s’est plu à faire revivre le death metal, un style en voie de disparition aux côtés du speed et du heavy metal. Les chansons qui font la gloire du groupe auprès des puristes y ont été jouées ( "Afobe", "Sodoma", "Mpivarotena"…), tout comme les huit titres de l’album « Red Metal » prévu sortir prochainement.
Parmi ceux-ci, « Ramalagasy » a été celui qui a le plus fait l’unanimité autant par son rythme que par son texte résolument rebelle et qui pourrait être considéré comme politiquement subversif, selon que l’on est dans un camp ou dans un autre. Les hardos se sont époumonés en reprenant son refrain, signe que le titre a fait tilt auprès de son public.
Générosité réciproque
Le public de Red Metal, lui, s’est visiblement rajeuni. Une frange de fans de la dernière heure a pris la place des trentenaires et des quadras qui ont préféré peupler l’arrière de la salle. Les plus enhardis ont pris d’assaut la scène pour faire virevolter leur longue crinière, sous les encouragements de Vony qui a chanté au bas de la scène avec ses fans, lesquels ont eu à peine dix ans quand « Life In The Ghetto » sortit sur les ondes la première fois. Du « dance metal » comme le qualifie lui-même le leader du groupe et chanté de bout en bout en duo avec un jeune fidèle du nom de « Bassiste ».
C’est aussi cela un concert de Red Metal, un moment de générosité réciproque que l’on ne retrouve que par parcimonie avec ceux qui pensent faire du rock mais qui ne font au mieux que du brouillon, au pire, que du commerce.
Le groupe invite les adeptes du hard rock à retraverser la "Valley of the Death" lors de son prochain concert. Ce sera au mois d’octobre prochain.
Andry Hialy
Journal Les Nouvelles du lundi 5 février 2007.
06:00 Publié dans Art et Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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