11.03.2007
Une ballade dans la serre aux orchidées de Nanisana
Des orchidées, beaucoup d’orchidées peuplent la serre de verre du Service de la quarantaine végétale de Nanisana. Des plus jeunes plantes aux plus âgées qui offrent au visiteur qui s’immisce dans cette bulle un spectacle d’une rare beauté. Entre visite touristique et classe verte.
C’est un de ces rares endroits de la ville d’Antananarivo qui font oublier en l’espace d’une visite les pollutions de la ville, les courses interminables des gens et des voitures. Le Service de la quarantaine végétale sis à Nanisana ressemble assez pourtant à d’autres bâtiments administratifs d’ici et d’ailleurs à l’allure terne et à l’architecture sans éclat, avec ses gazons presque jaunis.
Exception
C’est en contrebas qu’il faudrait rechercher l’exception avec la serre des orchidées, certainement la plus importante à Madagascar autant par le nombre des variétés qui y sont « élevées » que par sa taille. Elle est utilisée, en fait, par le Centre technique horticole d’Antananarivo (CTHA).
Rien qu’à l’entrée, les quelques pots de fleurs qui y traînent en colonne donnent une idée du reste. Dans ceux-ci, on distingue facilement des jeunes « anthuriums », des œillets de Chine appelés communément « piques » et bien sûr, des orchidées. En poussant le pas un peu plus à l’intérieur, les orchidées se font plus présentes que toutes les autres espèces. Certaines d’entre elles peinent à se distinguer de la motte de terre contenue dans les pots de yaourt, les unes sont à peine plus grandes et les autres ont déjà fière allure dans les grands pots d’argile cuite.
« Nous avons ici des orchidées qui viennent de sortir du laboratoire d’expérimentation in vitro et d’autres qui sont là depuis plus de deux ou trois ans », précise Velosoa Razafiniary, une spécialiste de la physiologie végétale et responsable de l’expérimentation.
Coup de pouce
« Etant donné que les graines d’orchidées ne poussent pas en milieu naturel, certains professionnels, membres du groupement interprofessionnel des horticulteurs, viennent chez nous avec les leurs. Nous appliquons alors à celles-ci des procédés techniques pour en ressortir des jeunes plantes » continue-t-elle. Jean-Claude Andriamaharo, un privé et professionnel du métier depuis 25 ans affirme « y envoyer une vingtaine de graines de variétés différentes à des fins de germination, à toutes les périodes de l’année. » « Car, il faut savoir aussi qu’il n’y a pas de saison unique et qu’à chaque variété correspond une floraison (de graine, ndlr) différente », dit-il. Michelle Razanabenja, une autre professionnelle et propriétaire d’une petite unité « dont la vocation n’est pas de grandir » selon ses mots, avoue tout simplement « y envoyer les graines de variétés difficiles », « et sur lesquelles il m’est difficile techniquement de faire la bouture, le marcottage ou la séparation des bulbes » poursuit-elle.
Patience, patience
Du coup, la serre se remplit assez vite d’autant plus qu’avec les plantes tirées des graines des professionnels, il faut aussi compter « celles qui sont issues de graines qui sont produites, elles, à partir de ‘pieds mères’ de variétés endémiques de Madagascar ramenés sous autorisation par le ministère des Eaux et forêts », reprend Velosoa Razafiniary. Une manière de préciser qu’ici, l’on ne s’occupe guère des orchidées « exotiques » du type « cattlya », « cymbidium » ou « phalaenopsis », « ces orchidées étrangères à cycles de floraison courts et qui font la joie des nouvelles mariées comme bouquets et appréciées des Malgaches », selon elle. « Les étrangers, pourtant, ne s’intéressent qu’aux variétés malgaches qui mettent beaucoup de temps pour fleurir. C’est tout un paradoxe », déplore-t-elle.
« Ces pieds mères sont des pieds d’orchidées ramenés depuis leur milieu naturel dans le but d’en extraire des graines, mais aussi dans celui de réintroduire les nouvelles plantes par la suite », confie-t-elle en reprenant son rôle de scientifique.
Entre les deux, il court un très long laps de temps. Car si la patience est une vertu, elle devient presque une religion dans « l’élevage » d’orchidées. « Dans l’idéal, nous ne retirons de la serre du CTHA les jeunes plantes d’orchidées qu’après deux ans au minimum » clame Jean-Claude Andriamaharo. « Oh, il n’y a pas d’intérêt immédiat, mais il faut dire que c’est l’avenir et c’est mon héritage que je lègue à mes enfants », philosophe sa collègue Michelle Razanabenja.
Tout cela fait l’affaire du visiteur de cette serre qui, avec un peu de chance, pourrait apprécier « des fleurs qui ne se révèlent, pour certaines variétés, qu’après six ou huit ans de soin et d’attente » selon Michelle Razanabenja.
« Nous sommes ouverts et disponibles pour tout le monde » dit Velosoa Razafiniary, qui entre deux expérimentations dans son labo se fait une joie de promener le visiteur dans cette serre de verre très particulière.
Andry Hialy
(Photos: Tiana Rakotomavo)
22:45 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Joli reportage! ;) ( je te jette des fleurs, c'est le cas de le dire)
Ecrit par : Mousson | 14.03.2007
bonjour !! (veuillez suivre le lien ci dessus) ;)
Ecrit par : bourse pour journaliste | 21.03.2007
Ciao
volevo farti i complimenti hai un sito bellissimo un abbraccio dall'Italia
Elisa
Bonjour,
Bravo! Ton site est excellent
continuer , cest vraiment tres biens
Amitiés
Elisa
Ecrit par : Elisa (Italia9 | 12.04.2007
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