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20.07.2007

Deux retours et un mort

1. Plus qu'un homme, un médecin. Après une pause de quatre ans, le "Manala azy vita bacc" d'Olombelo Ricky revient. Ce sera jeudi prochain en début de soirée à Antsahamanitra. Manala azy vita bacc, c'est se défouler, s'en extirper après les épreuves du bacc. Quoi donc? Bah, le stress, le blues et tout ce que l'on a pu accumuler d'"énergie négative" dans le langage ésotérique d'Olombelo Ricky dont on ne sait plus s'il est plus musicien, philosophe ou thérapeute.
Bani du théâtre de verdure d'Antsahamanitra pour de multiples raisons dont seul ses détracteurs au niveau de la mairie de la Capitale ont le secret, Ricky revient donc et son retour coïncide avec la sortie de son nouvel album "Odiaina" (médicament du secret de la vie, traduction libre très personnelle, superficielle et donc incomplète).
Au fil des ans, le concert Manala azy vita bacc à Antsahamanitra est devenu une institution. C'est le rendez-vous couru de tous les futurs bacheliers d'Antananarivo depuis 1992. Imité depuis, par des créateurs d'événement aussi filous qu'éphémères, le "Manala azy" selon Ricky n'a jamais eu d'égal en ambiance musicale, en communion et en délire collectives.
L'originalité et l'innovation font partie des atouts majeurs de l'Olombelo (l'homme) dont les textes et la musique cachent, sous leur légèreté, une large dimension de sincérité et de liberté mutuellement partagées entre "Mpanala azy", soit ceux qui assistent au Manala azy.
Comme on aimerait repasser son bacc et regoûter à cette soirée...

2. Grand Maître.
"Regarega", c'est le titre d'une de ses chansons et aussi le seul mot qui identifie le Grand Maître Tianjama auprès du public. Longtemps supposé s'être terré dans son Mandritsara natal dans la région de la Sofia (centre Nord-Ouest), le roi du sanadera revient dans la Capitale pour une soirée cabaret (mince!, je ne me souviens plus de la date!).
Le mot "regarega" - bien malgache - est redevenu d'usage dans le langage courant pour désigner une chose sans queue ni tête, qui avance vaille que vaille ou une smala entassée dans un espace exigu.
Je préfère personnellement traduire par "méthode kung fu" ;) .

3. Le crooner venu de l'Ouest.
Clo Mahajanga s'est éteint ce matin à l'hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona des suites d'une AVC. Jean Clotaire Razafiarimanana, de son vrai non, a su imposer son style auprès du public par ses slows chantés en dialecte occidental (de l'île, bien évidemment).
Des titres comme "Fialonana" ou "Lasa i Voahangy" (en mémoire à son épouse décédée) ont en leur temps figurés dans tous les cahiers de chants des jeunes filles.
Sa chanson "Décidé zaho" (je suis décidé) a été repris par Didier Ratsiraka lors de l'élection présidentielle de 1996-1997 qui allait marquer le retour de celui-ci au pouvoir.
Son autre titre "Tora-bato miverina" qui raconte les plaintes d'une mère à sa jeune fille qui veut se marier sans en avoir l'âge a été repris récemment par Voahangy pour se propulser dans tous les hits parades locaux.
L'homme est aussi connu pour avoir subi une déconvenue assez particulière. Un jour, alors qu'il partait pour Mahajanga - sa ville natale - après un fameux concert à Antananarivo, la voiture dans laquelle il se trouvait s'était fait arrêter par des coupeurs de route en plein Tamponketsa - un quasi-désert d'herbes et de cailloux. L'artiste s'était fait dépouillé de ses affaires, de son argent et de... ses gros bracelets et chevalière en or qu'il ne manquait pas de montrer dans chacun de ses clips.
Il a donc rejoint Voahangy, sa première épouse celle-là, vers l'Ouest; expression malgache pour signifier le parallèle entre le soleil couchant et une personne qui vient de décéder. Mais s'agissant d'un artiste, je ne sais pas si l'expression n'est pas un peu déplacée...

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