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08.08.2007

Antisportifs

Demain, jeudi 9 août, s'ouvriront les 7èmes Jeux des îles de l'océan Indien (JIOI). Pour la seconde fois, Madagascar abritera une édition de ces Jeux qui réunissent les îles de l'océan Indien: La Réunion, Maurice, les Comores, Mayotte, les Seychelles et les Maldives; la première a été lors de la troisième édition en 1990. Les Jeux dureront dix jours, du 9 au 19 août 2007.

Spectacle de désolation


Comme dans toutes les réalisations à Madagascar, tout se fait dans la précipitation aux dernières minutes. Les couches de peinture fraîche rivalisent avec les derniers coups de marteaux. Les infrastructures construites ou renovées pour l'occasion partagent les mêmes maux avec les athlètes malgaches, les éternels dindons de la farce. Pas assez bien préparés, mal testés et promis pour ne pas durer.
L'autre jour, j'ai été à la nouvelles piscine olympique d'Ampefiloha. C'est un spectacle de désolation qui se substitue à une joie légitime de voir la capitale être dotée finalement d'un tel bassin après des années et des années d'attente. A la place de l'ancien bassin de 25 mètres, un autre de 50 mètres a été construit sans pour autant offrir au moins les mêmes qualités que le précédent, construit vers la fin des années 60. Les carreaux sont mal ajustés autant sur les plages que dans le bassin; l'eau mal entretenue entâche les rebords du bassin et jaunisse les carreaux; les rampes d'accès et les facilités pour les personnes handicapées ne sont pas visibles. Pour un nouvel ouvrage d'art, censé être inscrit dans la modernité du monde, ce dernier point noircit un peu plus le tableau du Comité d'organisation des Jeux des îles (Coji) qui a fait montre d'un amateurisme flagrant depuis sa création.

Attentat

Rien que lundi, les athlètes malgaches qui logeaient à l'Académie nationale des Sports (ANS) à Ampefiloha même ont été sortis de leurs dortoirs pour être entassés toute la journée au gymnase situé tout près. Sous le prétexte que des entretiens devaient être effectués dans le bâtiment qui accueillera les délégations malgaches et étrangères, nos représentants ont été forcés de glander toute la journée comme des sinistrés d'un cataclysme naturel dans le gymnase. La journée a été perdue à quémander au Coji un endroit pour se reposer. Donc, ça a été une journée sans entraînement... à deux jours de l'ouverture officielle. Bonjour les dégâts! Un tel acte relève tout simplement de l'attentat contre le moral et le physique des athlètes.
Ce dernier fait d'arme du Coji révèle un peu plus son peu de considération du monde sportif et des sportifs en général. Avec une organisation qui n'a qu'une connaissance riquiqui des grandes compétitions internationales de cette envergure, on ne s'attend pas beaucoup au meilleur. Le pire est plus proche du réel, du vécu.
Tenez, ce site web officiel du Coji que j'ai eu le loisir de qualifier de "naphtaline numérique" dans un de mes éditos. Sans être un as du développement informatique et avec des outils d'édition de site web qui pullulent sur Internet, l'étudiant de classe de seconde lambda arriverait à en faire un de meilleur, de plus présentable et susceptible de fournir tous les résultats des compétitions sans que le visiteur ne se perde inutilement.
Et ces affiches, ces enseignes et ces imprimés des Jeux qui fleurissent un peu partout avec cette faute de français qui donnerait la chair de poule à un prof de français. Au lieu de "7èmes" - avec un S - le Coji a tout simplement écrit 7ème Jeux - sans S, s'agissant pourtant des Jeux et non d'un Jeu. Les fautes de français, tout le monde en fait et je suis même sûr que ce blog en regorge ;). Seulement, quand on est une organisation frappée du sceau officiel, on n'offre pas au monde une telle image de désordre. Pour un pays (ou plutôt un président?) qui a fait du français une langue officielle au même rang que le malgache, c'est horrible!

Instrumentalisé

Dans tout ce brouhaha, le pouvoir politique en place veut tirer son épingle du jeu et tirer à son avantage tous les bénéfices de l'événement. L'autre jour, le Premier ministre a appelé à la trêve politique et a demandé à toutes les tendances, d'opposition notamment, à faire taire ses arguties durant ces dix jours au moins. Vil politicien, Charles Rabemanajara ne manque pourtant pas une occasion depuis d'inscrire tout ce qui brille autour de ces Jeux sur le compte du pouvoir et de son gouvernement. Le mouvement sportif se fait une fois de plus culbuter par l'appareil politique qui l'instrumentalise à loisir. Quand tout va, c'est nous. Quand rien ne va, c'est les autres! Le pays ambitionne de terminer premier de ces Jeux et si le miracle se produit, le pouvoir ne manquera pas d'exploiter le filon à un mois des élections législatives. Si la logique se vérifie et que le pays ne termine pas premier, le pouvoir va tout rejeter sur les fédérations et le Coji pour éviter que l'opposition en panne d'idées ne retrouve un second souffle.




Commentaires

mouais...

Ecrit par : Haingo | 10.08.2007

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