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15.08.2007

Un géant modeste

"L'Inde ne peut pas être un pays avec des îlots de forte croissance perdus au milieu de vastes zones où le développement reste inconnu, où seuls quelques-uns jouissent de la croissance", a martelé le Premier ministre indien Manmohan Singh devant des milliers de dignitaires et d'écoliers vêtus d'orange, de blanc et de vert, les trois couleurs du drapeau indien. C'était à l'occasion des 60 ans de l'indépendance de l'ancienne "perle de la Couronne britannique". Pas seulement l'Inde mais tous les autres pays émergents ou en développement comme Madagascar.

 

12.08.2007

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

En réaction au discours du chef de l'Etat français à Dakar le 26 juillet, plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour lui répondre.

Monsieur le Président,

Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.

Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.

Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.

Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?

Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.

Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?

Sincèrement et franchement à vous.

Antananarivo, le 3 août 2007

Raharimanana et les écrivains

Boubacar Boris Diop (Sénégal),

Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),

Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),

Kangni Alem (université de Lomé),

et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

Un bon dimanche

Au bahut. Jeux des îles, dimanche 1er août 2007, jour 4. Après un dîner copieux et un bon sommeil, quoi de mieux qu'un beau soleil pour se réveiller en douceur et tout en forme. Le dimanche va être long.
De l'autre côté en contrebas de la maison, le Village des Jeux d'Alarobia (l'autre étant à Ampefiloha, à quatre kilomètres de là) semble ne pas vouloir se réveiller. Quelques athlètes traversent la rue pour prendre le petit déjeuner au restaurant situé juste en bas. De là où l'on est, on se rend compte que le Lycée technique qui sert de Village des Jeux n'est vraiment pas approprié pour pour recevoir autant d'athlètes. Quatre petits bâtiments dans lesquels ces soldats des temps modernes sont obligés de s'entasser par dizaine ou deux dizaines dans une chambrée (une salle de classe en fait). Normal que certaines délégations aient préféré loger à l'hôtel malgré ce que cela coûte. Heureusement que la bouffe servie au restaurant est excellente et que les athlètes ne passent pas trop de temps à faire la queue pour prendre leurs repas.

American Dream. A Antaninarenina, sur la Place de l'Indépendance, c'est le calme plat. Juste à côté de la stèle de l'Indépendance, sur un poteau, trône une affiche des Jeux. Dessus, il y a la classique faute de français avec le "7èmes" dans "7ème Jeux" sans "S". Sur la photo, il y a un coureur de haie, l'Américain Colin Jackson. Il a été préféré au Malgache champion d'Afrique, Berlioz Andriamihaja pour figurer sur ces posters grand format. Le natif d'Antsiranana paie certainement là sa franchise pour avoir "donner un zéro sur 20" à l'ancien ministre des Sports René Ndalana lors de l'édition des Jeux, à Maurice, en 2003. Mais de là à mettre une photo d'un athlète américain qui ne saurait même pas situer Madagascar sur une mapmonde... Le poster ne dit pas si l'agent de cet athlète est au courant de l'utilisation de l'image de son poulain ou non. Faut venir à Madagascar pour voir cela!

Affaire à suivre. A Mahamasina, les queues serpentent devant le Stade municipal. A l'affiche cet après-midi, les Barea de Madagascar contre le Club R de La Réunion. Le résultat? Un match nul! Cela faisait longtemps que le public attendait un résultat éclatant de la part de l'équipe nationale de foot. La discipline sert de référence et suffit à faire de l'ombre aux victoires comme aux défaites dans les autres disciplines. C'est aussi la discipline la plus instrumentalisée par les politiciens de tous les bords. Affaire à suivre...

Souriez, vous êtes filmés! A l'intérieur, les caméramen de la Télévision nationale bichonnent leurs appareils. On espère de meilleures images que ce que ces fonctionnaires de l'audiovisuel ont livré lors de la cérémonie d'ouverture. Flous, travelling bête, mauvais cadrages et commentaires plats voire vulgaires...

Science à part. Devant le gymnase couvert, toujours à Mahamasina, les voix s'élèvent. Le Comité d'organisation des Jeux, le Coji, paie là ses erreurs en billeterie. C'est une science à part qu'ils ont manifestement sous-estimée! Des gens, tickets en main, sont refoulés à l'entrée au motif que le gymnase est déjà plein. Les militaires font quand même entrer quelques-uns non sans les menacer avec leurs bâtons. L'émeute est évitée mais pas le mécontentement des retardataires.

Avant la lettre. Cet après-midi au gymnase, le choc a eu lieu en volley entre les Malgaches et les Seychellois. Le match a l'allure d'une finale et la pression est à son comble de part et d'autre des deux équipes. Les Malgaches remportent finalement le match par 3 sets à 1. Le premier set a été gagné par les Seychellois. Il y a eu quelques frayeurs avec les remontées spectaculaires des Seychellois, qui réussissent de belles combinaisons assez souvent.

08.08.2007

Toi-même!

755cf55f4a57af227f7ee47b82792922.jpgLa réponse est : "NON". Non, le ridicule ne tue pas. Pour les plus sceptiques, le Comité d'organisation des 7èmes Jeux des îles de l'océan Indien (Coji) leur apporte la preuve avec la touche qui a toujours été la sienne.
C'est quoi un J-O, à un jour d'un événement majeur? Petit retour en classe de 6ème. Un nombre X moins zéro, donne bien X, non? Donc J-0 = J, comme jour J; sauf que nous n'y sommes pas encore car les Jeux sont censés s'ouvrir demain 9 août. Nous sommes donc à J-1! A moins que je me trompe et c'est moi qui suis ridicule...
Sur le site web officiel du Coji, on peut toutefois lire "J-0 Mercredi 8 août 2007" juste en dessous du "Jeux des îles...Madagascar du 9 au 19 août 2007".
Je ne sais pas pour les autres mais c'est la première fois que j'entends parler d'un J moins zéro. Zéro toi-même!

Antisportifs

Demain, jeudi 9 août, s'ouvriront les 7èmes Jeux des îles de l'océan Indien (JIOI). Pour la seconde fois, Madagascar abritera une édition de ces Jeux qui réunissent les îles de l'océan Indien: La Réunion, Maurice, les Comores, Mayotte, les Seychelles et les Maldives; la première a été lors de la troisième édition en 1990. Les Jeux dureront dix jours, du 9 au 19 août 2007.

Spectacle de désolation


Comme dans toutes les réalisations à Madagascar, tout se fait dans la précipitation aux dernières minutes. Les couches de peinture fraîche rivalisent avec les derniers coups de marteaux. Les infrastructures construites ou renovées pour l'occasion partagent les mêmes maux avec les athlètes malgaches, les éternels dindons de la farce. Pas assez bien préparés, mal testés et promis pour ne pas durer.
L'autre jour, j'ai été à la nouvelles piscine olympique d'Ampefiloha. C'est un spectacle de désolation qui se substitue à une joie légitime de voir la capitale être dotée finalement d'un tel bassin après des années et des années d'attente. A la place de l'ancien bassin de 25 mètres, un autre de 50 mètres a été construit sans pour autant offrir au moins les mêmes qualités que le précédent, construit vers la fin des années 60. Les carreaux sont mal ajustés autant sur les plages que dans le bassin; l'eau mal entretenue entâche les rebords du bassin et jaunisse les carreaux; les rampes d'accès et les facilités pour les personnes handicapées ne sont pas visibles. Pour un nouvel ouvrage d'art, censé être inscrit dans la modernité du monde, ce dernier point noircit un peu plus le tableau du Comité d'organisation des Jeux des îles (Coji) qui a fait montre d'un amateurisme flagrant depuis sa création.

Attentat

Rien que lundi, les athlètes malgaches qui logeaient à l'Académie nationale des Sports (ANS) à Ampefiloha même ont été sortis de leurs dortoirs pour être entassés toute la journée au gymnase situé tout près. Sous le prétexte que des entretiens devaient être effectués dans le bâtiment qui accueillera les délégations malgaches et étrangères, nos représentants ont été forcés de glander toute la journée comme des sinistrés d'un cataclysme naturel dans le gymnase. La journée a été perdue à quémander au Coji un endroit pour se reposer. Donc, ça a été une journée sans entraînement... à deux jours de l'ouverture officielle. Bonjour les dégâts! Un tel acte relève tout simplement de l'attentat contre le moral et le physique des athlètes.
Ce dernier fait d'arme du Coji révèle un peu plus son peu de considération du monde sportif et des sportifs en général. Avec une organisation qui n'a qu'une connaissance riquiqui des grandes compétitions internationales de cette envergure, on ne s'attend pas beaucoup au meilleur. Le pire est plus proche du réel, du vécu.
Tenez, ce site web officiel du Coji que j'ai eu le loisir de qualifier de "naphtaline numérique" dans un de mes éditos. Sans être un as du développement informatique et avec des outils d'édition de site web qui pullulent sur Internet, l'étudiant de classe de seconde lambda arriverait à en faire un de meilleur, de plus présentable et susceptible de fournir tous les résultats des compétitions sans que le visiteur ne se perde inutilement.
Et ces affiches, ces enseignes et ces imprimés des Jeux qui fleurissent un peu partout avec cette faute de français qui donnerait la chair de poule à un prof de français. Au lieu de "7èmes" - avec un S - le Coji a tout simplement écrit 7ème Jeux - sans S, s'agissant pourtant des Jeux et non d'un Jeu. Les fautes de français, tout le monde en fait et je suis même sûr que ce blog en regorge ;). Seulement, quand on est une organisation frappée du sceau officiel, on n'offre pas au monde une telle image de désordre. Pour un pays (ou plutôt un président?) qui a fait du français une langue officielle au même rang que le malgache, c'est horrible!

Instrumentalisé

Dans tout ce brouhaha, le pouvoir politique en place veut tirer son épingle du jeu et tirer à son avantage tous les bénéfices de l'événement. L'autre jour, le Premier ministre a appelé à la trêve politique et a demandé à toutes les tendances, d'opposition notamment, à faire taire ses arguties durant ces dix jours au moins. Vil politicien, Charles Rabemanajara ne manque pourtant pas une occasion depuis d'inscrire tout ce qui brille autour de ces Jeux sur le compte du pouvoir et de son gouvernement. Le mouvement sportif se fait une fois de plus culbuter par l'appareil politique qui l'instrumentalise à loisir. Quand tout va, c'est nous. Quand rien ne va, c'est les autres! Le pays ambitionne de terminer premier de ces Jeux et si le miracle se produit, le pouvoir ne manquera pas d'exploiter le filon à un mois des élections législatives. Si la logique se vérifie et que le pays ne termine pas premier, le pouvoir va tout rejeter sur les fédérations et le Coji pour éviter que l'opposition en panne d'idées ne retrouve un second souffle.




07.08.2007

Citation du jour!

Le quoitidien français Libération titre aujourd'hui : " Le pétard mouillé des scientifiques " en rapportant: " Alors que le nombre de consommateurs ne cesse d’augmenter, de nouvelles études montrent que fumer des joints n’est pas toujours anodin pour la santé. " La réaction de Phil, un lecteur : "Attention vivre nuit gravement à la santé, la preuve, on en meurt tous. "

Pire que des dictateurs

Dans son édition de ce mois d'août, le Monde Diplomatique a sorti un article sur la manipulation des médias par des "hommes fortunés habitués à plier la vérité au gré de leurs intérêts". Noam Chomsky, le journaliste du Monde diplomatique, a qualifié ces laveurs de cerveaux en liberté de gens encore plus efficaces (pire?) que les dictateurs. A qui de droit!

03.08.2007

Souvenir, souvenir!


Madagascar: Carnage du 10 Aout 1991
Vidéo envoyée par ijefra
Extrait de l'emission "Resistances" de France 2 en 1992.

01.08.2007

Gang de fachos!

« Tout pour l'État, tout par l'État, rien hors de l'État ». Non, la citation n'est pas de Marc Ravalomanana bien qu'il l'aurait certainement volontiers empruntée. Elle est de Benito Mussolini, celui que l'Italie et le monde n'auraient jamais voulu voir le jour.

En lisant ces quelques passages issus de Wikipedia sur le fascisme, on a vite fait de faire le parallèle avec Madagascar d'aujourd'hui.

"Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale : le groupe doit être mené par un chef... dont l'autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout contre-pouvoir, le fascisme est un système qui se veut totalitaire. Il s'est appuyé sur des groupes de choc..."

Dernière trouvaille du pouvoir et de son "groupe de choc" à la mairie de la ville : chasser tous les "4'Mi"(*) hors de la capitale, Antananarivo, dans l'optique de la tenue des Jeux des îles de l'océan Indien (9-19 août) dans la ville. Il ne fait apparemment pas bon goût par les temps qui courent d'être pauvres, mal fagotés et désoeuvrés. Mieux vaut ne pas être un Quatre'Mi dans les murs d'Antananarivo, ce que beaucoup ne peuvent pas s'en défaire du jour au lendemain bien que Ravalomanana leur a promis la lune. Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent!

Ce ne sera pas la rafle du Vel d'Hiv mais Dieu que ça lui ressemblera. Il faut ôter au plus vite à la vue des touristes attendus à l'occasion de ce rendez-vous sportif dans l'océan Indien toutes les stygmates de tant d'années d'échec dans la conduite d'un pays. Les moins de 15 ans, les mères ou les femmes enceintes et les vieillards seront transportés manu militari de la rue au commissariat. Un exil forcé vers le goulag du côté de Tsiroanomandidy (centre ouest) leur sera "proposé" par la suite! Pour les autres, ce sera l'isolement dans une cellule pour 24 heures. Et après? Auschwitz-Birkenau???

On jette sur les Quatre'Mi toutes les causes des malheurs d'Antananarivo. "Le banditisme et la déliquence, c'est eux! ", entend-on très facilement affirmer de la part des responsables communaux. Personne ne prend la peine de dire que c'est l'insécurité, la pauvreté dans les campagnes, les spoliations foncières, la malnutrition, l'isolement et tant d'autres abus de ce genre qui poussent les gens à quitter leurs terres pour les lumières de la ville. On fera l'impasse sur la réalité qui indique que c'est l'étalage et l'ostentation de l'opulence sous les yeux ébahis de la majorité appauvrie et paupérisée qui motivent les plus viles intentions. Quand les fruits de la croissance que l'on ne cesse de vanter dans les communiqués de presse ne sont pas partagés, celui qui n'a rien à se mettre sous la dent doit bien réfléchir à une manière ou une autre de les cueillir, non? Quoiqu'il en soit, ce ne sont pas les Quatre'Mi qui sont les auteurs des braquages et des casses sanglants que l'on lit souvent dans les rubriques des faits divers. Le vol à la tire ou à l'étalage, c'est mal mais ça ne tue personne! Par contre, quand on veut être une bête de la politique et que l'on a besoin de fric, on braque et on se sert partout. Du tiroir du bijoutier karana (indo-pakistanais) jusque dans les caisses de l'État. On envoie des menus fretins faire le sale boulot, avec une préférence pour les anciens sportifs de haut niveau que le système - que l'on dit huilé - n'a pas réussi à intégrer dans la course au pouvoir!

Toute cette mascarade facho ne se soucie même pas un poil de la liberté de circulation des biens et des personnes garantie par la Constitution. On se demande alors ce que fait l'ONG Akamasoa du Père Pedro dans cette aventure liberticide et totalitaire? L'ONG est-elle induite en erreur dans ce mouvement qui glace le sang? Cela sera-t-il inscrit dans le rapport annuel de l'ONG remis à ses donateurs dont un certain Prince de Monaco? Et toutes les autres ONG et associations qui font profil bas devant cette lame de fond, que diront leurs membres et donateurs lors des assemblées générales? Faut choisir son camp: celui de la "lutte contre la pauvreté" ou celui de la "lutte contre les pauvres", mais dans tous les cas il faut se prononcer car le temps presse.
 
(*): Quatre'Mi comme les 4 millions de Malgaches vivant dans une misère totale. C'était au milieu des années 80... mais maintenant, c'est 17'Mi moins quelques-uns? 

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