12.08.2007

Un bon dimanche

Au bahut. Jeux des îles, dimanche 1er août 2007, jour 4. Après un dîner copieux et un bon sommeil, quoi de mieux qu'un beau soleil pour se réveiller en douceur et tout en forme. Le dimanche va être long.
De l'autre côté en contrebas de la maison, le Village des Jeux d'Alarobia (l'autre étant à Ampefiloha, à quatre kilomètres de là) semble ne pas vouloir se réveiller. Quelques athlètes traversent la rue pour prendre le petit déjeuner au restaurant situé juste en bas. De là où l'on est, on se rend compte que le Lycée technique qui sert de Village des Jeux n'est vraiment pas approprié pour pour recevoir autant d'athlètes. Quatre petits bâtiments dans lesquels ces soldats des temps modernes sont obligés de s'entasser par dizaine ou deux dizaines dans une chambrée (une salle de classe en fait). Normal que certaines délégations aient préféré loger à l'hôtel malgré ce que cela coûte. Heureusement que la bouffe servie au restaurant est excellente et que les athlètes ne passent pas trop de temps à faire la queue pour prendre leurs repas.

American Dream. A Antaninarenina, sur la Place de l'Indépendance, c'est le calme plat. Juste à côté de la stèle de l'Indépendance, sur un poteau, trône une affiche des Jeux. Dessus, il y a la classique faute de français avec le "7èmes" dans "7ème Jeux" sans "S". Sur la photo, il y a un coureur de haie, l'Américain Colin Jackson. Il a été préféré au Malgache champion d'Afrique, Berlioz Andriamihaja pour figurer sur ces posters grand format. Le natif d'Antsiranana paie certainement là sa franchise pour avoir "donner un zéro sur 20" à l'ancien ministre des Sports René Ndalana lors de l'édition des Jeux, à Maurice, en 2003. Mais de là à mettre une photo d'un athlète américain qui ne saurait même pas situer Madagascar sur une mapmonde... Le poster ne dit pas si l'agent de cet athlète est au courant de l'utilisation de l'image de son poulain ou non. Faut venir à Madagascar pour voir cela!

Affaire à suivre. A Mahamasina, les queues serpentent devant le Stade municipal. A l'affiche cet après-midi, les Barea de Madagascar contre le Club R de La Réunion. Le résultat? Un match nul! Cela faisait longtemps que le public attendait un résultat éclatant de la part de l'équipe nationale de foot. La discipline sert de référence et suffit à faire de l'ombre aux victoires comme aux défaites dans les autres disciplines. C'est aussi la discipline la plus instrumentalisée par les politiciens de tous les bords. Affaire à suivre...

Souriez, vous êtes filmés! A l'intérieur, les caméramen de la Télévision nationale bichonnent leurs appareils. On espère de meilleures images que ce que ces fonctionnaires de l'audiovisuel ont livré lors de la cérémonie d'ouverture. Flous, travelling bête, mauvais cadrages et commentaires plats voire vulgaires...

Science à part. Devant le gymnase couvert, toujours à Mahamasina, les voix s'élèvent. Le Comité d'organisation des Jeux, le Coji, paie là ses erreurs en billeterie. C'est une science à part qu'ils ont manifestement sous-estimée! Des gens, tickets en main, sont refoulés à l'entrée au motif que le gymnase est déjà plein. Les militaires font quand même entrer quelques-uns non sans les menacer avec leurs bâtons. L'émeute est évitée mais pas le mécontentement des retardataires.

Avant la lettre. Cet après-midi au gymnase, le choc a eu lieu en volley entre les Malgaches et les Seychellois. Le match a l'allure d'une finale et la pression est à son comble de part et d'autre des deux équipes. Les Malgaches remportent finalement le match par 3 sets à 1. Le premier set a été gagné par les Seychellois. Il y a eu quelques frayeurs avec les remontées spectaculaires des Seychellois, qui réussissent de belles combinaisons assez souvent.

08.08.2007

Toi-même!

755cf55f4a57af227f7ee47b82792922.jpgLa réponse est : "NON". Non, le ridicule ne tue pas. Pour les plus sceptiques, le Comité d'organisation des 7èmes Jeux des îles de l'océan Indien (Coji) leur apporte la preuve avec la touche qui a toujours été la sienne.
C'est quoi un J-O, à un jour d'un événement majeur? Petit retour en classe de 6ème. Un nombre X moins zéro, donne bien X, non? Donc J-0 = J, comme jour J; sauf que nous n'y sommes pas encore car les Jeux sont censés s'ouvrir demain 9 août. Nous sommes donc à J-1! A moins que je me trompe et c'est moi qui suis ridicule...
Sur le site web officiel du Coji, on peut toutefois lire "J-0 Mercredi 8 août 2007" juste en dessous du "Jeux des îles...Madagascar du 9 au 19 août 2007".
Je ne sais pas pour les autres mais c'est la première fois que j'entends parler d'un J moins zéro. Zéro toi-même!

Antisportifs

Demain, jeudi 9 août, s'ouvriront les 7èmes Jeux des îles de l'océan Indien (JIOI). Pour la seconde fois, Madagascar abritera une édition de ces Jeux qui réunissent les îles de l'océan Indien: La Réunion, Maurice, les Comores, Mayotte, les Seychelles et les Maldives; la première a été lors de la troisième édition en 1990. Les Jeux dureront dix jours, du 9 au 19 août 2007.

Spectacle de désolation


Comme dans toutes les réalisations à Madagascar, tout se fait dans la précipitation aux dernières minutes. Les couches de peinture fraîche rivalisent avec les derniers coups de marteaux. Les infrastructures construites ou renovées pour l'occasion partagent les mêmes maux avec les athlètes malgaches, les éternels dindons de la farce. Pas assez bien préparés, mal testés et promis pour ne pas durer.
L'autre jour, j'ai été à la nouvelles piscine olympique d'Ampefiloha. C'est un spectacle de désolation qui se substitue à une joie légitime de voir la capitale être dotée finalement d'un tel bassin après des années et des années d'attente. A la place de l'ancien bassin de 25 mètres, un autre de 50 mètres a été construit sans pour autant offrir au moins les mêmes qualités que le précédent, construit vers la fin des années 60. Les carreaux sont mal ajustés autant sur les plages que dans le bassin; l'eau mal entretenue entâche les rebords du bassin et jaunisse les carreaux; les rampes d'accès et les facilités pour les personnes handicapées ne sont pas visibles. Pour un nouvel ouvrage d'art, censé être inscrit dans la modernité du monde, ce dernier point noircit un peu plus le tableau du Comité d'organisation des Jeux des îles (Coji) qui a fait montre d'un amateurisme flagrant depuis sa création.

Attentat

Rien que lundi, les athlètes malgaches qui logeaient à l'Académie nationale des Sports (ANS) à Ampefiloha même ont été sortis de leurs dortoirs pour être entassés toute la journée au gymnase situé tout près. Sous le prétexte que des entretiens devaient être effectués dans le bâtiment qui accueillera les délégations malgaches et étrangères, nos représentants ont été forcés de glander toute la journée comme des sinistrés d'un cataclysme naturel dans le gymnase. La journée a été perdue à quémander au Coji un endroit pour se reposer. Donc, ça a été une journée sans entraînement... à deux jours de l'ouverture officielle. Bonjour les dégâts! Un tel acte relève tout simplement de l'attentat contre le moral et le physique des athlètes.
Ce dernier fait d'arme du Coji révèle un peu plus son peu de considération du monde sportif et des sportifs en général. Avec une organisation qui n'a qu'une connaissance riquiqui des grandes compétitions internationales de cette envergure, on ne s'attend pas beaucoup au meilleur. Le pire est plus proche du réel, du vécu.
Tenez, ce site web officiel du Coji que j'ai eu le loisir de qualifier de "naphtaline numérique" dans un de mes éditos. Sans être un as du développement informatique et avec des outils d'édition de site web qui pullulent sur Internet, l'étudiant de classe de seconde lambda arriverait à en faire un de meilleur, de plus présentable et susceptible de fournir tous les résultats des compétitions sans que le visiteur ne se perde inutilement.
Et ces affiches, ces enseignes et ces imprimés des Jeux qui fleurissent un peu partout avec cette faute de français qui donnerait la chair de poule à un prof de français. Au lieu de "7èmes" - avec un S - le Coji a tout simplement écrit 7ème Jeux - sans S, s'agissant pourtant des Jeux et non d'un Jeu. Les fautes de français, tout le monde en fait et je suis même sûr que ce blog en regorge ;). Seulement, quand on est une organisation frappée du sceau officiel, on n'offre pas au monde une telle image de désordre. Pour un pays (ou plutôt un président?) qui a fait du français une langue officielle au même rang que le malgache, c'est horrible!

Instrumentalisé

Dans tout ce brouhaha, le pouvoir politique en place veut tirer son épingle du jeu et tirer à son avantage tous les bénéfices de l'événement. L'autre jour, le Premier ministre a appelé à la trêve politique et a demandé à toutes les tendances, d'opposition notamment, à faire taire ses arguties durant ces dix jours au moins. Vil politicien, Charles Rabemanajara ne manque pourtant pas une occasion depuis d'inscrire tout ce qui brille autour de ces Jeux sur le compte du pouvoir et de son gouvernement. Le mouvement sportif se fait une fois de plus culbuter par l'appareil politique qui l'instrumentalise à loisir. Quand tout va, c'est nous. Quand rien ne va, c'est les autres! Le pays ambitionne de terminer premier de ces Jeux et si le miracle se produit, le pouvoir ne manquera pas d'exploiter le filon à un mois des élections législatives. Si la logique se vérifie et que le pays ne termine pas premier, le pouvoir va tout rejeter sur les fédérations et le Coji pour éviter que l'opposition en panne d'idées ne retrouve un second souffle.